Coup Plot to net out anti-third term campaign leaders and squash opposition in Burundi

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    Nzeyimana Henri
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    Burundi, SOS Démocratie: « Une Tentative de Restauration de la Concorde Nationale » Qui Sauve la Candidature Illégale de Pierre Nkurunziza?

    Genèse.

    Le 25 Avril 2015 marque le début d’une ère de démonstration que seul le peuple est le fondement du pouvoir et de la légitimité des institutions. Le peuple Burundais a exercé son devoir civique et citoyen en votant pour Pierre Nkurunziza à deux reprises en 2005 à travers les organes élus par le peuple et en 2010 par un suffrage universel direct.

    En choisissant de se représenter pour un 3eme mandat, Pierre Nkurunziza opte pour la violation des principes démocratiques et des textes fondamentaux de la vie politique et sociale des Burundais à savoir l’Accord pour la Paix et la Réconciliation Nationale conclu à Arusha en Aout 2000 et la Constitution de la République du Burundi qui en découle en 2005. De ce fait il entre dans l’illégalité et donc la tentative de sauver la démocratie par les manifestations pacifiques et légales entamées au lendemain de la déclaration de Pierre Nkurunziza comme candidat de son parti aux élections de 26 Juin 2015 y trouve son essence.

    Dénoncée à l’intérieur du Burundi et dans l’ensemble de la communauté internationale comme une entreprise illégale et périlleuse, la candidature de Pierre Nkurunziza pour un 3eme mandat à la Présidence a déclenché  un mouvement de contestation nationale et un ralliement de protestation internationale sans précèdent.

    De la condamnation par le Département d’Etat Américain, l’Union Européenne, l’Union Africaine ; de la société civile et acteurs politiques Burundais, du Clergé et de son propre parti aux mesures ciblées de gel de l’aide aux élections et aux programmes de réforme du secteur de la sécurité notamment le secteur de la police, le pouvoir a vite compris que la marge de manœuvre devenait de plus en plus réduite.

    Devant la détermination des manifestants à dissuader Pierre Nkurunziza de se présenter aux élections comme candidat illégal malgré la faim, la soif, la torture et la mort injuste ; le pouvoir avait besoin d’une bouffée d’oxygène pour survivre. Hélas, Pierre Nkurunziza et les ténors de son système viennent de recevoir un gilet de sauvetage. Au peuple Burundais d’en tirer la leçon ultime et de continuer la marche vers une victoire pour la paix, la liberté et la justice qui est à la portée de la main.

    Lecture et interprétation de la « tentative de restauration de la concorde nationale »

    Au regard de ce qui précède, la tentative des militaires du 13 Mai qu’on appelle putsch ou alors le rétablissement de la légalité et la concorde nationale pour lui donner le nom qu’elle mérite dans le contexte du moment mérite une lecture froide et interprétation rationnelle pour continuer le combat afin  de recouvrer la dignité, la justice et la liberté.

    Si la tentative peut avoir le mérite de mettre fin à l’agonie et la souffrance d’un peuple meurtri aux mains de celui qui est le garant de la dignité de son peuple, elle n’en reste pas moins un instrument  au service du POUVOIR DES ARMES pour mettre fin à la lutte combien noble et légitime du peuple burundais. Celle du recouvrement de la paix juste et durable, de la justice et de la liberté. Le discours de Pierre Nkurunziza pour son camp en dit long et on y reviendra. Avant l’interprétation du discours, souvenez-vous que le Président du Parti CNDD-FDD avait comparé les manifestations à une manœuvre qui vise le génocide des Imbonerakure. Que les manifestations sont le prolongement de l’attaque armée dans la province de Cibitoke qui selon lui visait l’élimination des Imbonerakure. Discours incendiaire et propagandiste que Pierre Nkurunziza reprend dans son discours à ses militants le 15 Mai 2015.

    Quant à l’action militaire du 13 Mai 2015 souvenez-vous aussi que le Responsable de la Communication du Président  Willy Nyamitwe a dit dès le déclenchement de l’action que cela n’était pas un putsch mais une aventure d’une poignée de gens qui n’ont rien compris de la démocratie et qui sont donc d’une autre époque. J’éprouve de la peine à croire que Nyamitwe Willy savait que la tentative était un guet-apens pour mettre dans le filet du pouvoir les leaders de la société civile et des partis politiques de l’opposition. Et donc de criminaliser le mouvement de revendication du retour à la légalité et au respect des droits des citoyens Burundais. Et enfin de taire a jamais la voix de la révolution et banaliser le sang des martyrs de la liberté.

    Sans chercher à spéculer sur la crédibilité de l’action militaire et les vraies intentions du Comité pour le Rétablissement de la Concorde Nationale, il importe d’en tirer des leçons dures mais nécessaires pour remobiliser davantage pour le combat inachevé mais dont la victoire est certaine.

    Dans leur stratégie de mise en route de leur action, des faits sont troublants et peuvent nous conduire à en tirer des conclusions peut être erronées. Souvenez-vous que General Godefroid Niyombare dans sa déclaration faite dans les medias indépendants en appelle à la bonne volonté des forces de défense et de la population civile de soutenir l’initiative. Il poursuit en demandant les forces de défense et la population de sécuriser les points stratégiques de la capitale et du pays.

    A quoi pouvait-il s’attendre dans un pays où la lecture de la démocratie et du sens de la dignité diffère selon les convictions politiques et quelques fois de l’appartenance ethnique ? Pensait-il rallier les manifestants qui certes avaient une soif de voir Pierre Nkurunziza renoncer à ses visées périlleuses ? Ignorait-il que les forces de défense et de sécurité dites nationales cachent une configuration partisane et ethnique?  Difficile de croire à l’heure actuelle en une armée nationale et professionnelle au service du peuple qu’en une juxtaposition de forces issues des anciennes forces armées du Burundi et des anciens rebelles.

    Pas de surprise possible si on se réfère aux déclarations antagonistes du Ministre de la Défense et des anciens Combattants et celui de son Chef d’Etat-major General quant à l’interprétation du rôle des forces de défense et de sécurité dans la gestion des manifestations et de la période pré et post-électorale. Pour rappel le Ministre parle au nom de la légalité et du respect des accords de paix et de la Constitution dont les forces de défense et de sécurité sont issues. Son Chef d’Etat-Major lui préfère la loyauté aux institutions et aux autorités du pays ; ce qu’il a défendu becs et ongles lors de ladite tentative.

    Dans son interview avec la Radio France Internationale il déclare que son intention n’était pas de renverser les instituions mais de rétablir la légalité et la concorde nationale. Il affirme que ce qui a manqué chez les militaires est la compassion nécessaire à la souffrance du peuple pour réussir cette action ‘salutaire’. Difficile de s’imaginer qu’un stratège militaire de son rang puisse compter sur la bonne foi et la compassion pour sauver un peuple des griffes d’un tyran.

    Jusque tard dans la matinée de Jeudi 14 Mai, General Cyrile Ndayirukiye affirmait sur la radio Bonesha que l’action réussira à coup sûr. Et que les forces de libération négociaient avec les loyalistes pour éviter un bain de sang. Que Pierre Nkurunziza ne reviendra pas au pays du moins par l’aéroport international de Bujumbura. Oubliait-il son parcours de rebelle et sa maitrise des voies qui mènent à Bujumbura? Espérons que le sang qu’ils ont épargné suscitera la compassion nécessaire pour épargner le sien et celui des martyrs de la liberté.

    Souvenez-vous aussi que son histoire au sein des forces armées du Burundi avant le brassage fait de lui un fin stratège et patriote. Ministre de la Défense Nationale, il est parvenu à déjouer la fameuse tentative de coup d’état par Lieutenant Gaston Ntakarutimana le 18 Avril 2001 et ainsi sauver le pouvoir du Président Buyoya en négociation de retour à la paix à Libreville, Gabon  avec Pierre Nkurunziza chef rebelle du CNDD-FDD à l’époque. Dans son interview avec Radio France Internationale il avoue l’échec de la tentative en ces termes : « Notre mouvement a échoué. Nous avons rencontré une trop grande détermination militaire pour soutenir le système au pouvoir ».

    De ce fait, il aura commis une erreur fatale de sous-estimer la force de la garde présidentielle surarmée et déterminée à sauver l’honneur et sauvegarder leurs intérêts à travers ceux de leur chef de file. Compter réussir le coup de force sans prendre le contrôle de la radio et télévision nationale –RTNB  devenue le symbole et la caisse de résonance du pouvoir relève de l’utopie. Gardée par une force de plus de ‘600 hommes’ lors de ‘l’assaut’, la RTNB est devenue la forteresse de protection des intérêts partisans au moment où tous les autres media avaient été mis hors d’action par les loyalistes de Pierre Nkurunziza.

    De toute manière, le clan Nkurunziza semble pour le moment tirer profit de cet épisode qui ressemble à une opération Hollywoodienne. Parti pour une réunion sur la situation au Burundi en Tanzanie, il semble que Pierre Nkurunziza n’a jamais mis son pied dans la réunion des Chefs d’Etat de l’EAC. Autre scène troublante notre héros mythique est reporté être gardé dans un camp militaire en Tanzanie après l’annonce du putsch.  Plus tard il sera signalé à Ngozi sa province natale dès Jeudi soir alors que les radars le guettaient dans les cieux de Rukoko. Donc à un certain moment il coordonnait la déroute de la tentative dans son palais à Ngozi? Rebelle un jour, rebelle toujours.

    Et à cause de cette tentative :

    1.      Les radios gênantes sont détruites par les ‘forces de l’ordre’

    2.      Les manifestants quittent le centre-ville qu’ils avaient investi et juraient de rester jusqu’au renoncement de Pierre Nkurunziza de son projet machiavélique.

    3.      Les militaires et les policiers légalistes sont connus, neutralisés et certains abattus.

    4.      General Cyrille Ndayirukiye parachutiste  et son camp de Musaga seront présentés aux marchands de l’ethnisme comme les derniers vestiges de l’Empire Hima

    5.      Pierre Nkurunziza devient une victime et un symbole que la communauté internationale présente comme le président légitime

    6.      Et où est passé le Libérateur General Godefroid Niyombare quand les autres se font débusquer par les services de renseignements et leur arrestation enregistrée au téléphone?

    Du discours de Pierre Nkurunziza au retour au Burundi

    Fidèle aux idéaux de son parti et en guise de remerciements aux loyalistes, Pierre Nkurunziza triomphaliste prononce un discours qui n’est pas loin d’une déclaration de guerre. Loin d’être un discours  d’apaisement à la nation traumatisée et mal  informée depuis bientôt deux semaines, il choisit de ressasser le discours de son Président du Parti. Que l’action militaire est le prolongement des manifestations contre le 3eme mandat et des évènements de Cibitoke. Il met en garde tous ceux qui osent élever la voix contre l’illégalité qu’il impose aux Burundais. Il en appelle à la vigilance des forces de l’ordre et à la population pour sauvegarder la démocratie. Je pense qu’il s’adresse à ses Forces de Défense de la Démocratie- les FDD et la milice Imbonerakure. Dans ce cas, on peut s’imaginer les conséquences.

     Il va loin jusqu’à vilipender les camps militaires Bataillon Para et 11e Bataillon Blinde en les présentant comme « des camps rebelles qui ont toujours joué un rôle dans les coups militaires et les évènements tragiques qui ont endeuillé le Burundi.» Et dans tout cela il lie leur portrait rebelle à leur emplacement dans la commune de Musaga. Ceux qui connaissent l’histoire du Burundi et le rôle joué par les braves habitants de cette commune dans les manifestations actuelles auquel le système en place colle un cachet ethnique peuvent en tirer la conclusion. Enfin il jure par tous les cieux qu’il va reformer la gestion et l’emplacement de ces camps. Que cachent ses intentions ?

    Enfin il appelle les Burundais et la communauté internationale à soutenir la démocratie et les élections en cours. Est-ce que le rapport de force qui bascule dans son camp légitime sa candidature illégale et inconstitutionnelle? Le peuple a déjà dit sa position que la communauté internationale a soutenue. Tout en donnant à cet épisode de tentative de restauration de la concorde nationale et de la légalité la valeur qu’il mérite, le point de convergence actuellement est de tenir le cap de la mobilisation contre le 3me mandat inconstitutionnel de Pierre Nkurunziza.

    De toute façon, la force tranquille et non-violente n’a jamais recouru à la violence et mérite d’être blanchie dans cet amalgame du système en place. Les heures les plus sombres sont avant l’aube. Mais  il y a de la lumière au bout du tunnel.

    VIVE LA REVOLUTION. VIVE LE BURUNDI MERE PATRIE DE TOUS.

     

    #7964
    Lydia Malmedie
    Participant

    Dear Nzeyimana Henri, merci beaucoup pour cette report. I hope you will keep us updated about the unfolding events and please keep safe! 

    Lydia 

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